Réunion publique de la Communauté de Communes de Podensac sur la gestion des ordures ménagères jeudi 4 juin à Arbanats


Comment essayer de ne pas parler des sujets qui fâchent…

Programmée à 18 h 30 dans la salle des fêtes d’Arbanats la réunion commence par un exposé des représentants de la Communauté de Communes, Mme la vice-présidente chargée des ordures ménagères et M. le secrétaire général, secondés par le chargé de la communication et l’ambassadrice du tri sélectif. Ils commentent des images vidéoprojetées. Quelques chiffres nous sont donnés. Ils montrent une augmentation du tonnage des rejets du tri sélectif et des déchets apportés à la déchetterie de Virelade. Nous apprenons par Mme la vice-présidente que « le tri sélectif non conforme est quand même revalorisé en combustible solide. Il ne va plus à l’enfouissement à la décharge de Lapouyade. Mais ça a un coût. »Le tonnage du tri sélectif stagne. Le tonnage de déchets ménagers par usager est inférieur aux 150 kg prévus lors du lancement de la redevance incitative : il a atteint les 130 kg. Le coût du service est évoqué par un schéma difficile à lire. On est passé cette année à deux factures par an ou une facture et cinq prélèvements automatiques. Une liste des problèmes relevés est présentée. « Des contrôles sur 394 bacs ont été faits : 99 bien triés, 210 à refaire et 85 non conformes. » « Respecter les règles, ne coûte que 25€ en plus aux ménages par an. » Mais les représentants de la CdC de Podensac n’ont présenté aucun bilan financier du service public des ordures ménagères dans leur exposé !!!

Questions réponses avec la salle.

La première personne à prendre la parole affirme que l’incitation est négative car pour payer moins le gens brûlent les déchets, les rejettent dans la nature, remplissent la poubelle verte du tri sélectif de déchets qui devraient être mis dans la poubelle rouge, emportent leurs poubelles sur leur lieu de travail ou les déposent sur les aires d’autoroute. Elle dénonce surtout les feux qui polluent parce qu’ils sont faits n’importe où même non loin de la garderie de Portets. Il voudrait le retour à l’ancien système avec un bonus pour les usagers qui trient le mieux et un malus pour ceux qui ne trient pas bien. Les représentants de la CdC lui rétorquent que la redevance incitative est l’avenir et que toutes les autres CdC vont s’y mettre car c’est la solution la plus favorable à l’environnement. Mme la vice-présidente rappelle un témoignage entendu à Landiras. « Une personne faisait remarquer que le passage à la redevance incitative s’était soldé pour elle, à une économie de seulement 2€. Malgré tout, ce qui compte c’est le respect de l’environnement. »

Déchetterie

L’assistance demande que la déchetterie puisse être ouverte un matin. Le secrétaire général réplique en expliquant qu’ouvrir un matin coûte 50 000€. Plus loin, dans le débat, la proposition d’ouvrir un soir l’été émergera. Un intervenant contestera les prix bas de revente de la ferraille collectée à l’entreprise Decons. Un autre dénoncera les vols pratiqués par les gens du voyage. Beaucoup regretteront le temps où il y avait un gardien sur place. Le public demandera que la déchetterie devienne un centre de compost (NDLR : elle l’a été par le passé).

La COVED contestée

Un citoyen demande un droit de regard de la CdC sur la gestion de la COVED. Le secrétaire général répond en soulignant que c’est un droit pour tout citoyen. (NDLR : le contrôle par les citoyens est une fiction dans la pratique). L’assistance s’interroge sur l’origine des 150 kg qui sont la base sur laquelle était calculée la facturation moyenne au début de la redevance incitative. Le secrétaire général n’apporte aucune réponse.

Les bacs en question

Le public fait remarquer que les bacs rouges ne sont pas étanches. Le secrétaire général reconnaît qu’il s’agit d’un marché public de mauvaise qualité passé sous l’ancienne présidence. Une personne propose l’idée de passer à des sacs transparents pour le tri sélectif comme dans la CdC de Montesquieu. Le secrétaire général annonce le passage de la CdC de Montesquieu aux bacs afin d’améliorer les conditions de travail du personnel dont le dos souffrait avec les poches en plastique.

Une facturation peu lisible

Une personne dans l’assistance se plaint que les factures ne respectent pas l’année civile. Le secrétaire général annonce qu’il y aura des modifications l’année prochaine pour les rendre plus lisibles. Ce que l’on paie en un an sera indiqué.

Le recyclage des pneumatiques

Une personne déplore que les pneus ne soient pas recyclés. L’ambassadrice du tri sélectif lui rétorque que ce type de recyclage est très coûteux. Elle lui conseille de faire changer ses pneus par un garagiste qui les élimine ensuite par une filière adaptée.

Où en est le déficit ?

Nous intervenons : « L’année dernière, la Communauté de Communes annonçait un déficit de 393 000€ du service public des ordures ménagères. Quelle est l’origine de ce déficit ? Où en est-il aujourd’hui ? » Le secrétaire général nous répond que l’effondrement des volumes de déchets produits par personne n’avait pas été prévu. Il a fallu rembourser en plus les usagers qui avaient trop payé. Cela correspond à une dépense de 110 à 120 000€. Pour remettre les comptes à 0, nous avons augmenté les tarifs, supprimé un ramassage de tri sélectif (soit une économie de 150 000€), bénéficié de nouvelles rentrées et fait des économies diverses. Mme la vice présidente nous affirme que l’équilibre devrait être retrouvé à la fin de l’année.

Nous demandons des précisions : « Combien coûte le tonnage de tri sélectif ainsi que le tonnage de déchets incinérés ? » Le secrétaire général refait projeter le schéma incompréhensible où quelques chiffres apparaissent sans les commenter. Nous affichons notre scepticisme. « Nous avons calculé le coût de la tonne triée qui est bien supérieur à celui de la tonne incinérée. Lorsque la CdC est passée à la redevance incitative, elle a brutalement réduit ses déchets incinérés et dégagé un excédent la première année. On parlait alors de construire une deuxième déchetterie à Preignac. Mais le coût du service n’était pas équilibré car en même temps le tri – plus cher – explosait. Il était évident que l’excédent allait être vite grignoté. Le service devait s’équilibrer autour de 150 kg de déchets par foyer selon les concepteurs du projet de redevance incitative. Tout cela nous l’avons dit à l’ancien président de la CdC dans une réunion publique. » Le secrétaire général reconnaît que c’est bien comme cela que les choses se sont passées.

Il ne faut pas remettre en cause le rôle écologique du tri

Une personne regrette que le rôle écologique du tri ne soit pas assez mis en avant. Il faut au contraire le promouvoir dans les écoles primaires du canton. L’ambassadrice du tri acquiesce et fait le bilan des actions menées et en annonce de nouvelles.

L’occasion ratée de la régie

Nous intervenons : « On ne veut pas remettre en question la nécessité du tri sélectif. Mais la façon de gérer le service public des déchets pose problème. On a manqué l’occasion de passer en régie. Nous pourrions travailler avec nos voisins de la Communauté de Communes de Saint Symphorien qui sont en régie depuis longtemps et c’est moins cher pour l’usager. » Le secrétaire général réplique en affirmant qu’une régie coûte très cher à mettre en place : il faut acheter trois camions et embaucher au moins trois personnes par camion. Et puis cette voie avait fait l’objet d’une étude. Nous répondons en rappelant que « la CdC a acheté les trois camions que la COVED utilise et qu’elle a embauché un personnel nombreux pour faire fonctionner la médiathèque. On aurait pu imaginer qu’elle recrute des agents éboueurs à la place. D’autre part, il n’y a jamais eu d’étude de faisabilité d’une régie, simplement l’intervention d’un élu au conseil communautaire en faveur de ce mode de gestion. Ce qui gène dans la régie c’est qu’elle remet en question des intérêts financiers d’entreprises comme la COVED. Il existe un organisme national qui forme les élus à la gestion des régies. Une loi de 1932 permet aux collectivités qui gèrent en régie de bénéficier des remboursements de TVA. » Le chargé de la communication de la CdC qui habite dans la Communauté de Communes de Saint Symphorien intervient pour dire qu’il y a moins de jours d’ouverture à la déchetterie de Saint Symphorien. On ne peut vérifier ses propos. Par contre, « rien n’empêchait la CdC de prendre en charge la déchetterie de Virelade qui lui appartient ainsi que les 12 hectares du site. » Mme la vice présidente affirme que la déchetterie dépend de l’UCTOM (NDLR : le syndicat de traitement des déchets). Nous restons sceptiques quant-à cette affirmation car, en 2008-2009, l’UCTOM avait rétrocédé à la Communauté de Communes la gestion de la déchetterie. En outre, les 12 hectares du site ont été achetés par le SIVOM du canton de Podensac sous le mandat de Philippe Dubourg. Le secrétaire général pense que la Communauté de Communes n’est pas assez grande pour mettre en place une régie. Nous lui faisons part de notre étonnement car « un vice président de la CdC nous a dit le contraire pour justifier le fait de ne pas être en régie… » Les responsables de la Communauté nous disent clairement qu’un choix a été fait et qu’il est impossible de revenir en arrière d’autant plus que les frais de fonctionnement de la médiathèque sont de 550 000€ par an !!!

 

 

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